L’Alphabet plutôt que rien ou comment affronter la force d’un vertige dont le langage reste peut-être la seule voie de sortie. Des poèmes-étapes, des poèmes-franchissements dans une traversée chaotique vers la construction de soi, de l’amour et du langage. Formes brèves, formes longues alternent et se répondent en une musicalité proche du symphonique. L’alphabet dispose de l’espace et y éprouve ses rythmes.Lire l’article dans Le Matricule des anges par Richard Blin Je suis le rivage, poème de Constance Chlore. Partition d’Alain Bonardi pour vibraphone, tam-tam, piano et voix. Interprété le 31 mai 2011 au conservatoire de Vincennes, dans le cadre des Inouïs de Vincennes. Article de Bénédicte Heim, paru sur Livres addict
Les poèmes de Constance Chlore sont des prières païennes, des chants de haute lutte, des chants épiques dans la mesure où ils se font l'écho d'un combat acharné pour élargir le champ de la perception, pour mettre en lumière les acuités et souligner les éclats.
Constance Chlore dit la vie, sa pulpe, son tranchant, ses entailles et ses entrailles. Elle dit l'amour, son passage, ses empreintes éblouies, saignantes, meurtries. Ce sont des incantations, des soulèvements, des brûlures, des insurrections de peaux, de langues, de pas. Ce sont des transes, telluriques ou inversées. C'est la vie, rendue à la pureté des sens, du sang, des sèves impératives.
La typographie, qui peut sembler arbitraire ou anarchique, répond à un ordre précis, de nature organique. De même pour les caractères, qui sont de tailles variable. C'est une poésie qui n'a pas peur du vide, des coupes, des hésitations et vacillements. Et, s'il est beaucoup question d'assomptions charnelles, il y a aussi des percées et élévations purement verbales.
Une poésie de saisissement, exigeante, intrépide, en quête inlassable de l'élémentaire et du primordial.