Prix Yvan Goll, 2014 L’Atomium, c’est un peu la tour Eiffel des Belges. Haut de 102 mètres, cet atome de fer, agrandi 165 milliards de fois, s’impose comme le point phare de l’exposition universelle de Bruxelles, en 1958.

Éperdu de hauteur, l’Atomium, « symbole de paix, de prospérité et de progrès », est le point focal de l’Expo. En un récit choral où la voix intime du personnage se mêle à celle, collective, de tout un peuple, Atomium retrace la traversée initiatique d’un personnage aux prises avec l’ascension vertigineuse de ces 9 boules d’acier reliées entre elles par de longs tubes. L’énergie de l’atome circule tout au long du parcours. Effervescence, enthousiasme des premiers visiteurs du site ; cette traversée est aussi une épreuve énergétique : infiniment grand, infiniment petit ; dedans, dehors ; vide, plein, exposent à une dangereuse porosité...

Dans une écriture plurielle, également inspirée par des archives orales, ce poème au long souffle chante de partout "avec de vrais habits sonores". Michaux n’est jamais bien loin, avec son invraisemblable malice...
« Je me souviens : Les boules de l’Atomium, je les ai quasiment vues sortir de terre Mes parents habitaient en face Par nos fenêtres, je voyais passer les tuyaux sur de gros camions Durant les travaux il y avait beaucoup d’accidents, des ouvriers tombaient, mouraient : on entendait filer les gyrophares Toutes ces ambulances Ce qui éclate d’étais, d’échafaudages Ma langue pousse de tous côtés Et crie du métal plissé en moi Leur vie, ils l’ont laissée au pied de l’Atomium L’immense mortel infini : la vérité gît pour certains dans l’abîme »
Gravure de Léon Wuidar Écouter l'entretien sur France Culture @Constance Chlore Dessin Valérie Vanhoutvinck Lire l'article de Joël Bécam (L'amour délivre) @Constance Chlore Lire l'article sur Culture Université de Liège par Laurent Demoulin @Constance Chlore
Atomium | Roman de Constance Chlore